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Le problème d’infiltration | Tapis rouge !

Montréal le 02 août 2017 – Lors de la fermeture du festival fantasia, a eu lieu la première médiatique du dernier long métrage de Robert Morin ; Le problème d’infiltration. Pour l’occasion, le réalisateur ainsi que ses acteurs principaux ont foulé le tapis rouge du théâtre DB Clarke de l’université Concordia et en ont profité pour saluer les spectateurs et parler du film.

Dans Le problème d’infiltration, nous découvrons une autre nuance dans la palette de jeu de l’acteur principal Christian Bégin, qui incarne le rôle du Dr Louis Richard. Le film relate l’histoire de Dr Richard, un chirurgien plasticien pour grand brûlé, pour qui tout bascule après avoir été menacé par un patient un matin au travail. À partir de ce moment, on assiste à la descente aux enfers du personnage alors que toutes les facettes de sa vie explosent une à une au courant de la journée.

Pour Christian Bégin, ce rôle a été un projet très intéressant car cela lui a permis de sortir de sa zone de confort et de passer de cet épicurien sympathique que l’on connaît si bien à un homme très froid, calculateur et méthodique. Il a pu relever plusieurs défis durant ce tournage dont celui de maintenir la continuité de son jeu, qu’il explique ainsi: << le plus difficile c’était de maintenir la continuité dans la tête. Robert sur ce film a travaillé pas de scripte, donc il n’y avait personne qui s’occupait de la continuité et on n’a pas tenu la chronologie de l’histoire. Comme on tournait en plan séquences, (…) le plus dur c’était de maintenir la continuité et se dire  »ok, dans quel état il est à ce moment là ». (…) Comme on n’a pas tourné dans l’ordre chronologique de l’histoire, la plus grande difficulté était de garder la continuité psychologique du personnage>>. Et quand on lui demande ce qui l’a fait dire oui à ce projet et à ce rôle si loin de lui, sa réponse : <<Robert Morin ! >>.

Pour sa part, Robert Morin n’est pas seulement le réalisateur du long métrage. Il en est aussi le scénariste, le directeur photo et le monteur. Pour lui, ce projet était surtout un exercice de style, ce qu’il réussit avec aisance. Il tenait à traiter du sujet d’un monstre moderne narcissique à la manière des cinéastes expressionnistes allemands des années 30 et 40.

Tout au long du film, le spectateur est plongé dans le vortex que représente le quotidien du Dr Louis Richard. Grâce à l’utilisation intensive des plans séquences et au placement stratégique de la musique dans ce film, l’auditoire ressent une pression constante et même étouffante pendant qu’il assiste à la descente aux enfers du docteur. Le film se termine par un dénouement incontournable qui nous laisse un sentiment d’empathie pour ces pauvres personnages qui semblaient mener une vie si parfaite.

ALBUM PHOTO COMPLET ICI !

Le problème d'infiltration | Stéphanie Alexandra Joseph
Le problème d'infiltration | Stéphanie Alexandra Joseph
Le problème d'infiltration !
Le problème d'infiltration !
Le problème d'infiltration !
Le problème d'infiltration !
Le problème d'infiltration !
Le problème d'infiltration !

En ce qui concerne la question de la place de la diversité culturelle à l’écran et de savoir qui a le pouvoir de faire bouger les choses pour donner plus de place aux acteurs(trices) issus de différentes communautés ethniques, Robert Morin croit que c’est une combinaison de plusieurs facteurs. En premier lieu, il se l’explique ainsi ;

<< Moi je pense que c’est le sujet. Il faudrait peut-être plus souvent se poser la question si c’est absolument essentiel d’avoir un blanc dans tel ou tel rôle. Est-ce que ça pourrait être un noir, un indien, un chinois. On n’a tout simplement pas ce reflexe là ici parce qu’on est un pays jeune>>.

Il ajoute qu’à la base, le problème part de l’industrie, des concepteurs et des donneurs d’argent. Oui, il faut que le scénariste soit plus conscient de la réalité multiculturelle de son milieu mais ce sont surtout les diffuseurs qui ont le plus gros bout du bâton: <<c’est clair que si on avait les moyens de l’industrie américaine, on verrait beaucoup plus de diversité à l’écran (…) Les gens qui ont la clé de voute du système ici, qui sont incontournables, ce sont les distributeurs. Un scénariste ou un réalisateur sans distributeur ne peut même pas déposer son film à Téléfilm Canada ou à la SODEC. Donc pour le distributeur, si tu arrives avec un asiatique ou avec un noir et il fait  »ah non, ça passe pas ça! », ton film est condamné avant même d’être jugé>>. Voilà la triste réalité de l’industrie du cinéma Québécois.

Pour ma part, Le problème d’infiltration n’est pas un film qui traite d’un sujet nouveau ou surprenant mais bien un long métrage qui réussit son exercice de style avec brio. L’auditoire présent à cette première a beaucoup apprécié la dernière œuvre de Robert Morin. En fin de soirée, il a eu droit à une très longue ovation et beaucoup de poignées de main!

 

Journaliste | Stéphanie Alexandra Joseph

Crédit photo | Muriel Oe Photographie